







Quinrei Álfdís
Noble - Seigneur - Elémentaire (élément : Vent)
Elle rangea quelques fioles puis se tourna vers le serviteur qui venait de lui annoncer quelque chose qui ne lui plaisait pas du tout. Le pauvre tremblait légèrement. Sans dire un mot, elle monta les escaliers en colimaçon. Arrivant devant le pan du passage secret qui donnait sur la grande salle; elle l'activa et le serviteur eu juste le temps de passer à sa suite avant qu'il se referme. Une clameur s'élevait de la grande place, juste devant les murailles du château. En quelques minutes, elle monta sur le rempart au dessus de l'immense porte principale et observa la foule qui s'entassait à ses pieds, sur les balcons et même sur les toits. Ils huaient un groupe de cavaliers qui attendaient devant les douves ; des chevaliers et un noble. Ce dernier descendit du cheval qui semblait avoir du mal à supporter son poids. Le pauvre animal henni quand le lourdaud mis pied à terre.
- Milady ! Vous avez ordre de nous laisser entrer pour répondre d'une accusation de la plus haute importance !
Sa voix était encore plus désagréable que son faciès. Elle lui jeta un regard méprisant et aussi froid de la glace, qu'elle tenait de Ce jour là. Le noble recula d'un pas mais se rendant compte de son geste, il la regarda bien dans les yeux en un air hautain, le cou toujours tordu pour pouvoir la voir. La jeune femme quitta les remparts et alla se positionner devant les portes. Elle ignora son chef de la garde qui lui signifiait que c'était une mauvaise idée, ordonna de lever la herse et de baisser le pont-levis. Le noble prit un air satisfait qu'il ne chercha même pas à cacher et fit signe qu'on lui amène son cheval pour entrer. Mais il n'entra pas. Elle se tint au milieu du pont-levi, juste devant la grande place. Elle promena son regard violet unique sur la foule qui était prête à prendre les armes pour elle.
- Rentrez chez vous, le vent va se lever.
Le message passa et la place se vida en quelques instants. Il ne restait plus que le noble clairement oisif et son escorte. Le noble s'approcha presque jusqu'à ce que sa bedaine touche sa robe. Sans même une once de respect, il agrippa une mèche de ses longs cheveux qui flottaient au vent pour les frotter entre ses doigts. Il se montrait totalement inconvenant avec elle et cela ne la surpris pas. Beaucoup d'hommes pensaient que puisqu'elle était une femme, elle était inférieure et ne méritait pas la place qu'elle occupait, celle de châtelaine et seigneur. Elle savait ce qu'il pensait voir. Des cheveux blond -certains disaient d'or et d'argent- des yeux uniques, moins de formes que ne l'exigeait la mode. On lui avait souvent dit qu'elle semblait incarner l'innocence. Comment les hommes pouvaient-ils être aussi aveugle ? Elle n'avait jamais été innocence même pendant son "enfance". D'un geste et arracha presque ses cheveux des doigts gras et écœurant qui agrippèrent aussitôt son coude.
- Vous ne voulez pas nous laissez entrer ? Pas de problèmes nous allons tenir le tribunal ici même devant tous vos gens, vous pouvez les rappeler, qu'ils assistent au spectacle.
Voyant qu'elle ne répondait pas, son sourire s'agrandit et il continua :
- Vous êtes accusée de sorcellerie. Qu'avez vous à répondre à cela ?
Bien que vivant dans un monde plein de magie, les humains se cantonnaient à des mœurs totalement dénuées de sens. L'accusation de sorcellerie était apparue et malgré le fait que les sorciers pouvaient être bon, elle était restée. Les pauvres humains avaient trop peur de la Magie. Et quand ils avaient peur de quelque chose, ils essaient de se l'approprier ou de le détruire. Pitoyable. Le noble laissa son regard parcourir son corps et elle fut dégoûtée. Il resserra un peu plus sa prise son son coude. Un regard concupiscent était apparut dans les yeux de l'oisif. Elle y répondit par un sourire teinté de folie qui le fit reculer légèrement, suffisamment pour qu'il la lâche.
- Une sorcière ? Par les Dieux non ! ...
- Je le savais ! Vous savez, cette accusation vient surement du fait que vous n'êtes toujours pas mariée. Je me suis porté volontaire pou....
Elle continua comme si il n'avait rien dit, s'avançant vers lui et le forçant à reculer.
- Comment avez vous pu me confondre avec une créature aussi insignifiante ? Sérieusement ?
- Q-Quoi ?
- Je suis quelque chose d'un peu plus dangereux mon cher.
Le vent qui s'était levé plutôt, commença à tourner autour d'elle. Le noble recula frénétiquement, essayant d'aller trop vite, il tomba au sol, s'étalant sur les pavés lisses. Les gardes s'avancèrent, protégés par leurs lourdes armures mais le vent forcit et les lames qu'ils venaient de dégainer s'envolèrent en même temps qu'ils commencèrent à reculer sous la force du vent. L'oisif roula sur le sol, avec un air terrorisé qui la fit presque jubiler au fond d'elle. Le vent forcit encore, laissant des coupures superficielles sur la peau exposée de l'animal sous forme humaine. Il coupa vêtement et peau aussi facilement qu'une lâme bien acérée et rougie coupe du beurre. Elle savait que cet partie insensible et inhumaine d'elle même faisait d'elle un monstre. Elle l'avait acceptée depuis longtemps.
- Je suis quelque chose qu'il ne vaut mieux pas énerver et laisser tranquille.
Le noble couinait à présent. Rapidement elle aperçut son portrait dans le reflet d'une fenêtre. Ses cheveux, devenus blanc, tourbillonnaient autour de sa tête et ses yeux étaient deux puits argentés. Ni pupilles, ni iris, juste de l'argent. Elle sourit et recula d'un pas. Le vent cessa comme il était venu, d'un seul souffle.
- Partez et ne revenez jamais. Si d'autres se mettent en tête de me dire ce genre d'idioties, de me marier ou de me donner des ordres, ils mourrons avant d'avoir prononcé la moindre parole.
Elle regarda le chef des soldats qui avaient accompagnés l'importun jusqu'à chez elle et répéta :
- Partez.
Le noble se releva en hâte suivit de près par ses gardes. Ses gens qui étaient sortis aux fenêtres, applaudirent à ses paroles. Sans attendre, elle fit demi-tour. Tout compte fait, la journée commençait bien.